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LES BARONS MARQUES > Social > Emploi - salaire

Les Echos, Mercredi 23 Avril 2008

La rémunération des patrons du CAC40 atteint 2,26 millions d'euros, hors stock-options...

La moyenne des rémunérations totales perçues par les patrons opérationnels de l'indice de référence, hors attributions de stock-options et d'actions gratuites, s'établit à 2,26 millions d'euros en 2007, en hausse de 4,3 % sur un an.

(...) Après la révélation des pertes colossales liées à l'affaire Kerviel, le conseil d'administration de la Société Générale a décidé de supprimer sa part variable. Résultat, sa rémunération totale s'effondre de 62 % en 2007. Du jamais-vu au sein du CAC 40 ! Dans la même veine, Pierre de Chalendar voit son bonus chuter de près de 400.000 euros en 2007, à cause des provisions passées par Saint-Gobain pour les amendes infligées par Bruxelles dans le dossier « cartel du verre ». La situation est très différente pour Patrick Ricard, chez Pernot Ricard, dont le bonus 2006 avait été augmenté d'une prime de 1 million pour récompenser l'acquisition réussie d'Allied Domecq. Mais le bonus est parfois aussi indexé, en partie, sur le cours de Bourse de la société. Ainsi le président du directoire d'AXA, Henri de Castries, voit-il son salaire total décliner de 12 % au titre de 2007, alors même que sa société a amélioré son résultat net de 11 %, en dépit des pertes exceptionnelles liées à la crise du « subprime ». L'explication est simple : le titre AXA a cédé près de 11 % au cours de l'année 2007.

(...) l'information dévoilée par les émetteurs ne permet de comparer que les salaires en cash, alors que les rémunérations en titres (stock-options et actions gratuites, avec ou sans conditions de performance) constituent une part importante et sans doute croissante des revenus des patrons. Bien qu'évaluée selon des méthodes souvent différentes, la valeur comptable, au moment de l'attribution, des stock-options accordées en 2007 à Beaudouin Prot chez BNP Paribas (2,4 millions d'euros), Lakshmi Mittal (2,3 millions), Martin Bouygues (1,7 million) ou encore Jean-Paul Agon chez L'Oréal (9 millions) est une bonne traduction de ce déficit d'information. En ce sens, l'évaluation systématique, et selon une méthode standard, des titres attribués aux dirigeants, sur le modèle de ce qui se fait outre-Atlantique dans les fameux documents « 20 F », constitue sans doute la prochaine frontière de la transparence sur les rémunérations des patrons.


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