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Le Figaro, Jeudi 6 Mars 2008
(...) Le Baltic Dry Index, qui mesure la demande mondiale de navires pour transporter des marchandises, s'est littéralement effondré depuis l'automne. Mais, curieusement, le prix des matières premières continue de flamber. Un paradoxe qui serait le symptôme, selon les économistes, d'un phénomène de «bulle» spéculative. Laquelle s'expliquerait par la masse de liquidités qui inonde les pays à excédents commerciaux face à une pénurie d'actifs financiers rentables.
À plus de 100 dollars le baril de pétrole, les pays producteurs engrangent quelque 2100 milliards de dollars par an de recettes d'exportation. Or ils n'en consomment qu'une infime partie. S'ajoutent à ces pétrodollars les excédents commerciaux de la Chine, qui ont atteint le niveau record de 262 milliards de dollars l'année dernière.
L'ampleur du recyclage d'un tel volume d'épargne est un véritable casse-tête pour les financiers. Le développement des fonds souverains ne peut que partiellement répondre au problème. D'où le développement des investissements dans les matières premières sous leur forme «papier». Depuis l'éclatement de la bulle immobilière, les contrats à terme sur les matières premières sont ainsi devenus la cible favorite des fonds d'investissement. À commencer par l'Or, dont l'once a atteint hier un nouveau plus haut historique à 990,53 dollars. Et du pétrole, qui continuera d'augmenter tant que les marchés ne seront pas convaincus que la production peut à moyen terme, répondre à la demande.
Même le café, épargné jusqu'ici, semble être gagné par la fièvre spéculative. Son prix a fait un bond de 22% depuis le début de l'année sur le New York Board of Trade. Face à la demande des hedge funds, le volume des contrats négociés a bondi de 50% l'année dernière. Pourtant, la consommation mondiale n'augmentera cette année que de 1,6% selon l'International Coffee Organisation.
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