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Les Echos, Vendredi 26 Septembre 2008
Les suppressions d'effectifs vont atteindre un niveau record cette année aux Etats-Unis. Leur impact s'étendra au-delà de la sphère financière. A New York, elles vont peser sur les finances de la ville.
L'écroulement des banques d'investissement à Wall Street, la fermeture de petites banques régionales (une douzaine à ce jour) vont faire tomber le très mauvais record de 2007. Cette année-là, les services financiers américains - crise du « subprime » oblige - ont perdu 153.000 emplois, selon le cabinet de recrutement Challenger, Gray & Christmas.
Sur les huit premiers mois de 2008, un total de 103.000 personnes ont déjà été licenciées. Depuis septembre, avec la faillite de Lehman Brothers, la mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac et le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, « le record de 2007 pourrait être dépassé car la pression est énorme sur toutes les banques et pas que sur Wall Street », estime John Challenger, PDG de Challenger, Gray & Christmas.
« Talent network »
Quand Lehman Brothers a brutalement fait faillite, le 15 septembre 2008, les salariés de la banque étaient en état de choc. « Il y a encore des gens de Bear Stearns qui ne se sont pas recasés », commentait un cadre. La peur de ne plus retrouver d'emploi était plus grande encore que la colère d'avoir tout perdu (les salariés de Lehman Brothers étaient actionnaires de la banque à hauteur de 30 %).
L'annonce de la reprise des activités américaines par Barclays a soulagé les employés qui espèrent que la moitié des 9.000 personnes salariées à New York pourront conserver un poste. De même, le rachat des activités européennes et asiatiques de Lehman Brotherspar la banque japonaise Nomura a été bien accueilli.
En mars dernier, JPMorgan Chase n'avait repris que la moitié des 13.500 salariés de Bear Stearns mais la banque a mis en place un « talent network » pour les aider à retrouver un emploi. JP Morgan est prêt à le partager avec les salariés de Lehman Brothers et ceux de Merrill Lynch qui feront les frais de la fusion avec Bank of America.
La difficulté, c'est qu'il y a de moins en moins d'emplois disponibles dans la finance et la crise actuelle ne va pas y remédier. Ceci est particulièrement tangible à New York, où, au mois d'août, 54.500 emplois avaient été supprimés depuis le début de l'année en relation directe avec la crise du « subprime ». « Heureusement, la plupart des gens n'ont pas besoin de rester dans la finance, je pense aux informaticiens, aux comptables. C'est beaucoup plus dur pour les spécialistes. Soit ils vont dans des firmes plus petites, soit il faut quitter New York », observe John Challenger.
Nouveau casse-tête
Mais le problème s'étend bien au-delà de la sphère de Wall Street quand on sait qu'un emploi dans la finance génère en moyenne 4 emplois directs. « Il ne s'agit pas que d'emplois de service domestique. Il y a aussi beaucoup de petits entrepreneurs qui ont perdu dans Lehman leur principal client ! », remarque John Challenger.
C'est un nouveau casse-tête pour la ville de New York, qui voit ses revenus fiscaux diminuer. Le maire, Michael Bloomberg, vient de demander à chacune de ses agences d'économiser 1,5 milliard de dollars sur leur budget au cours des dix-huit prochains mois et il se propose d'augmenter au 1er janvier la taxe sur la propriété pour lever 600 millions de dollars. De quoi définitivement faire fuir la ville aux financiers qui resteront sur le carreau...
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