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Les Echos , Jeudi 26 Mars 2009
Une soixantaine de plans sociaux concernant plus de 200 salariés sont déjà recensés. Les actions parfois musclées pour obtenir des contreparties se multiplient.
Ras-le-bol, refus du défaitisme face à la crise, exacerbation du sentiment d'injustice après l'annonce de parachutes dorés de certains patrons... Depuis quelques semaines, de nombreux salariés ne se résignent plus à la fatalité des plans sociaux annoncés dans leur entreprise.
A l'image des employés de la société pharmaceutique 3M de Pithiviers. Leur décision de séquestrer leur directeur ressemble à bien des égards à ce qui s'est passé chez Sony France le mois dernier.
Dans les deux cas, l'objectif est le même : obtenir de meilleures conditions de modalités de départ dans le cadre du plan social mis en oeuvre par l'entreprise. « Nous demandons une renégociation des indemnités de départ, une prime de transfert, un congé de mobilité de vingt-quatre mois », justifie Jean-François Caparros, délégué syndical FO de l'usine, qui emploie 235 personnes et dont la direction a annoncé fin 2008 la suppression de 110 postes et le transfert de 40 dans une autre entreprise locale.
Tous les secteurs sont touchés
Si les actions engagées chez Sony et 3M frappent les esprits, elles sont symptomatiques d'un mal-être général. « On paye aujourd'hui le fait que, dans de nombreuses entreprises, un dialogue social efficace n'a pas été mis en oeuvre au cours des dernières années », regrette Michel Meunier, en charge du dialogue social au sein du Centre des jeunes dirigeants (CJD).
Certains salariés choisissent des méthodes moins musclées que chez Sony ou 3M. A l'image des employés du centre de R&D Motorola de Rennes. Pour protester contre la suppression de 150 emplois, les salariés ont mis en ligne sur Internet des parodies de chansons en vidéo dont « Le téléphone pleure », de Claude François ou bien encore « Thriller » de Michael Jackson.
A Châteauroux, les salariés d'Eurostyle ont renoncé aux traditionnels piquets de grève et préféré organiser un carnaval et une brocante. Avant de dénoncer par une collecte de sang le sentiment d'être « saignés à blanc » par l'entreprise.
A Evreux, les salariés de GlaxoSmithKline réclament quant à eux une prime de « préjudice moral ». Tandis que les salariés d'Amora-Maille, à Dijon, ont organisé une exposition et fabriqué des tee-shirts personnalisés (voir ci-dessous).
Entre ces extrêmes - la séquestration du patron et une certaine forme d'humour - l'Hexagone reste émaillé par les plans sociaux où la contestation prend des formes plus classiques telles que le blocage de la production ou les piquets de grève.
En ne retenant que les annonces avérées touchant plus de 200 salariés, pas moins d'une soixantaine de plans sociaux peuvent être recensés en France (voir carte). Et cette liste n'est sans doute pas exhaustive. Toutes les régions et tous les secteurs sont touchés et derrière les noms placés sous le feu des projecteurs (Continental, Renault, etc.), on trouve des dizaines de cas qui restent dans l'ombre.
Pour faire face à ce mal-être de plus en plus profond des salariés, les pouvoirs publics semblent en grande partie désarmés. L'annonce faite par Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin de nommer prochainement des « commissaires de la réindustrialisation » qui « auront les pleins pouvoirs et disposeront de moyens financiers accrus pour mobiliser tous les acteurs » laisse pour le moment sceptiques nombre d'observateurs sociaux.
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